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« L’ombre de Staline », Agnieszka Holland

Polonais, britannique, ukrainien, juin 2020 | Drame, biopic

Réalisé par Agnieszka Holland avec James Norton, Vanessa Kirby, Peter Sarsgaard

Résumé : Après avoir décroché une interview d’Hitler qui vient tout juste d’accéder au pouvoir, Gareth Jones débarque en 1933 à Moscou, afin d’interviewer Staline sur le fameux miracle soviétique. A son arrivée, ses contacts occidentaux se dérobent et son principal intermédiaire disparaît. Une source le convainc alors de s’intéresser à l’Ukraine. Parvenant à fuir, il saute dans un train, en route vers une vérité inimaginable…

La réalisatrice polonaise Agnieszka Holland, très engagée dans la politique de son pays parle avec son dernier film « L’ombre de Staline » d’un drame historique à travers le regard du jeune journaliste Gareth Jones. Un hommage aux victimes de l’Holodomor (terme ukrainien désignant l’extermination par la faim) qui a ravagé l’Ukraine en 1933.

Inspiré de l’histoire vraie de Gareth Jones, interprété par l’acteur britannique James Norton, le scénario est construit de manière à voir son évolution, passant d’un début de carrière timide (bien qu’il ait interviewé Hitler, tout juste au pouvoir) à observateur de la grande famine ukrainienne lors d’une enquête sur la réussite économique mystérieuse de l’URSS. Sous la pression d’un gouvernement totalitaire et d’institutions corrompues qui nieront par de massives campagnes de désinformation ses découvertes terrifiantes, c’est le portrait d’une personnalité profondément touchée et combative qui nous est dépeinte. 

Le film, construit comme un récit linéaire et simplifié, n’en est pas moins une reconstitution glaçante d’un génocide (reconnu en 2008 comme un crime contre l’humanité) mis sous silence au profit d’alliances avec l’URSS durant le Seconde Guerre mondiale. Placée comme un reporteur au cœur de la misère, la caméra relate des scènes de vies laissées à l’abandon dans ce « grenier », véritable mine d’or pour l’union soviétique, intentionnellement surexploitée et dissimulée par le gouvernement stalinien. Les étendues désertiques et cadavériques font à l’image, l’effet d’ondes de choc pour le spectateur autant qu’ils viennent heurter le personnage.

Une histoire hypothétiquement source d’inspiration pour George Orwell, écrivain engagé dont le roman « la Ferme des animaux » reste à ce jour l’une des plus subtiles critiques des régimes totalitaires. Sans jamais perdre le rythme, ce polar, critique du pouvoir totalitaire et de la propagande est une œuvre poignante qui parle à travers l’émotion de son personnage central d’un fait historique rarement visible à l’écran et qui pourtant toucha 3 à 6 millions de personnes. Le récit d’une spirale opaque où un jeune journaliste devra faire le choix entre la lutte pour la vérité et le risque de mettre en danger sa vie est celle des autres. 


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