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« Canción sin nombre », Melina León

Pérou, juin 2020 | Drame

Réalisé par Melina León avec Pamela Mendoza Arpi, Tommy Parraga, Maykol Hernandez

Résumé : Pérou, au plus fort de la crise politique des années 1980. Georgina attend son premier enfant. Sans ressources, elle répond à l’annonce d’une clinique qui propose des soins gratuits aux femmes enceintes. Mais après l’accouchement, on refuse de lui dire où est son bébé. Déterminée à retrouver sa fille, elle sollicite l’aide du journaliste Pedro Campos qui accepte de mener l’enquête.

Canción sin nombre, présenté en 2019 à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, pose un regard sensible et particulier sur un drame social caché dans l’ombre d’une crise économique qui touche le Pérou fin des années 80. Un premier long-métrage touchant et à l’esthétisme poignant pour cette jeune réalisatrice péruvienne, inspiré d’une enquête journalistique menée par son père.

Sans entrer dans les détails historiques des événements qui secouent et divisent le pays, la réalisatrice traite un fait divers opaque et terrifiant dont la maitrise de la mise en scène qui laisse une grande place aux émotions et la détresse des personnages. L’histoire se passe en 1988 alors que le Pérou est secoué par de violentes attaques de groupes terroristes révolutionnaires communistes. En parallèle, un système de vol et d’adoption illégal de nouveaux-nés semble s’être organisé au cœur de la misère sociale.

Ni critique politique, ni traité comme un polar, le film est une tragique illustration d’un cri dans le vide.

Le format particulier utilisé, ainsi que l’aspect vignetté en noir et blanc jette un coup de froid et nous plonge dans une atmosphère fragile et figée où une mère semble désespérément lutter contre la force transparente d’un gouvernement aveugle, complice et méprisant. Le personnage de Georgina, interprété avec justesse par Pamela Mendoza Arpi fait de ce drame familial une poésie en hommage aux communautés indigènes et aux femmes paysannes moquées et jugées pour leur couleur de peau et attachement à la tradition face à la population modernisée du pays.

C’est par l’utilisation de mouvements lents de caméra et de nombreux plans fixes que l’esthétisme de ce film prend tout son sens. Sans jamais brusquer les protagonistes ni les spectateurs, les situations sont observées, partagées de manière à toujours laisser circuler dans ses espaces leurs sentiments.

Alors que ce long-métrage s’ouvre sur la jovialité de chants et danses traditionnels, la conclusion laisse le spectateur sous l’émotion d’une berceuse chantée dans le vent. Le fond et la forme nous empoigne et transporte dans un environnement symétrique où deux sociétés s’opposent. Une œuvre forte, lyrique où la musicalité n’est qu’une autre manière de ne pas laisser dans l’ombre les communautés abusées et délaissées.


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