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« Le goût du vin », Prentice Penny

Le goût du vin (Uncorked) | États-Unis, mars 2020 | Comédie dramatique

Réalisé par Prentice Penny avec Mamoudou Athie, Courtney B. Vance et Niecy Nash.

Résumé : Contre l’avis du père de famille qui souhaite voir son fils reprendre le restaurant familial, le jeune Elijah se lance dans l’étude du vin afin de réaliser son rêve de devenir maître sommelier.

Le Goût du vin est le premier long métrage de Prentice Penny et ce film disponible sur Netflix n’est tristement pas un grand cru de sa catégorie.

RAISIN VERT VS VIANDE ROUGE

C’est avec une scène d’ouverture qui fait un parallèle entre vendange et vinification et la préparation d’une recette avec un certain esthétisme que le film débute. Elle se termine par un gros plan du mouvement franc et tranchant que donne le père avec son couteau sur un morceau de viande. Quoi de plus normal, cette famille afro-américaine est propriétaire du meilleur restaurant de rib’s du quartier et ça a l’air de rouler pour eux.

On ne tarde pas à comprendre que deux univers s’entrechoquent : entre un père qui veut impliquer d’avantage son fils dans l’affaire familiale et le fils qui lui, veut réaliser son rêve de devenir sommelier car le vin c’est son truc ! Tout ça sur le tapis musicale d’une BO rythmée par le producteur Hit-Boy, et contrastant subtilement avec l’univers protocolaire du vin.

Si le début du film arrive à capter l’intérêt la suite restera tristement prévisible…

Les relations père/fils. ©Netflix

LE FLOU DU MONTAGE

Au fur et à mesure que les relations entre le père et le fils se dégradent le scénario semble en faire autant. Si c’est pas les verres de vin que vous vous enfilez en regardant le film, c’est la temporalité des événements qui vous fera tourner la tête.

Plusieurs événements se succèdent pour que Elijah (interprété par Mamoudou Athie) puisse toucher des doigts son rêve mais de trop nombreuses ellipses temporelles rendent incompréhensible le récit. Plusieurs fois, je me suis retrouvée à me demander combien de temps s’était passé entre deux scènes en regrettant de ne pas en avoir vu assez, de pas être allée plus en profondeur dans des détails pourtant intéressants.

On passe donc du Tennessee à Paris, d’une séance de révision à une scène complètement random où notre apprenti sommelier se retrouve vendeur de kebab (elle avait dit sans oignons !) pour une nuit sans trop savoir comment et pourquoi. Puis, comme si tout cela ne suffisait pas à décrocher du film, le réalisateur nous démontre encore une fois le manque d’habileté à créer une histoire accrocheuse, sensible et cohérente en enchainant successivement trois scènes de discussions sans grand intérêt entre le père et son fils. Seulement une de ces scènes aura son utilité car on y apprendra un élément important sur l’histoire du père.

DES PERSONNAGES MINCES

Elijah est un afro-américain qui souhaite faire son entrée dans l’univers très sélectif des sommeliers et on adore cette idée de montrer qu’avec travail tu peux accéder à tes rêves peut importe d’où tu viens. Mais l’acteur semble lui se perdre dans ce rôle statique et peu nuancé. L’intimité des émotions peine à se faire sentir alors que la thématique centrale est qu’il faut parfois savoir se délier des attentes de la famille et surtout ne pas perpétuer les erreurs du passé. 

Elijah et sa femme en pleine distanciation sociale. ©Netflix

Les personnages secondaires sont quant à eux sans réel intérêt, victimes des accélérations temporelles qui font qu’on ne percute pas leur apport à l’histoire, ils ont du mal à trouver leur place que ce soit dans le film ou dans notre cœur.

« CERTAINS RÊVES NE PEUVENT RESTER EN BOUTEILLE » ET POURTANT…

A travers ce récit d’un moment de vie, le réalisateur traite avec maladresse la notion de persévérance comme clé de la réussite. Le manque de relief des personnages et la construction temporelle de l’histoire ne sont pas à la hauteur des attentes qu’on peut avoir du réalisateur de la série à succès Insecure. Ce film d’1h44 au sujet pourtant inédit tourne vite à l’ennui et déçoit. On appréciera tout de même le regard extérieur passionné sur nos régions viticoles. Pour ça, on lui met un demi cactus en plus. 🌵


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